La pédophilie, le viol...

 

 

Quels thèmes douloureux et complexes que ceux de la pédophilie et du viol... Les victimes de ces actes barbares se murent la plupart du temps dans le silence, le refoulement, et la honte. Les ravages sur le plan psychologique se manifestent de façon propre à chaque personne abusée, mais ils sont toujours irréversibles, tout juste acceptables avec le temps et leur cicatrisation.

 

 

 

Ne voulant pas entrer dans les méandres juridiques, scientifiques ou médicaux, je vous propose de lire un témoignage de victime qui m'a été rapporté. Cette femme, que l'on nommera Alexie, a subi la perversion d'un pédophile, puis, treize ans plus tard, le viol d'une homme ivre et armé. Je vous laisse découvrir son cauchemar.

 

 

 

non à la pédophilie, non au viol, le corps d'une femme n'appartient qu'à elle

 

 

 

"Alexie avait 12 ans; c'était une adolescente calme, solitaire et studieuse. Sa vie se résumait à ses études, et à ses quelques passions, comme le dessin et la danse. Ses parents ne se faisaient pas de souci pour elle, c'était une enfant facile et obeïssante.

 

 

 

Sa mère, fascinée par les sciences occultes, se rendait souvent chez des voyants, des marabouts, bref, faisait le tour de toutes personnes exerçant (plus ou moins honnêtement), ce genre d'activités. Lors d'une de ses visites, elle avait montré la photo de sa fille,Alexie au "voyant" qu'elle consultait. Celui-ci se montra fort intéressé, et affirma qu'il devait absolument la voir, car elle possédait des dons très puissants, mais l'ignorait. La mère ne demanda rien de plus et décida qu'à son prochain rendez-vous, elle emmènerait Alexie avec elle.

 

 

 

Dans la voiture, la jeune fille ne savait rien de ce qui l'attendait, elle avait pleine confiance en sa mère, et se disait qu'après tout, c'était plutôt bien qu'une personne lui accorde tant d'attention qu'il veuille la voir. Quand la porte s'ouvrit, un homme d'une soixantaine d'années se tenait à l'entrée. De taille moyenne, très corpulent, les cheveux et la barbe grisonnants, ses petits yeux se plissèrent tels ceux d'un serpent quand il vit Alexie. Sa mère et elle le saluèrent, mais là, au lieu de rester avec sa fille, la mère tourna les talons et repartit, en disant au voyant de prendre tout son temps.

 

 

 

Alexie se retrouvait seule, face à cet homme qu'elle ne connaissait que depuis quelques minutes, et se demandait ce qu'il pouvait bien attendre d'elle. Il commenca par lui expliquer ce que sont les chakras, leur position sur le corps, leur fonction. Il dit à Alexie que ses chakras étaient ouverts jusqu'à celui se trouvant au niveau de la gorge. Il fallait absolument qu'il le débloque, pour que le suivant, le fameux "troisième oeil", puisse enfin libérer ses facultés enfouies de voyantes...et il s'y employa.

 

 

 

Alexie se retrouva allongée sur la grande table de chêne qui lui glaçait le bas du corps. Non pas qu'elle avait froid, mais parce que le voyant lui avait demandé d'ôter le bas de ses vêtements. Il attacha ses bras, c'était le "rituel". Il exposa à la jeune fille ce qu'il allait faire: stimuler le premier des chakras, celui qui se trouve dans le "bas ventre". Le pédophile se réveilla, l'horreur commença. Alexie regardait le plafond, le corps immobile et tendu comme un arc. Elle avait envie de vomir mais ne savait pas pourquoi. Pourquoi faisait-il cela, à cet endroit? Quand allait-ce prendre fin, c'était interminable. QUE FAISAIT-IL ? Elle ne connaissait rien à la sexualité, et ne savait même pas que l'homme devant elle était un pédophile en train d'abuser d'elle... 

 

 

 

Sa mère revient quand tout était terminé. Elle "récupéra" Alexie, et lui demanda de raconter ce qui s'était dit et passé avec le voyant; mais au récit de sa fille, elle l'interrompit et lui intima de ne parler de ça à personne. La jeune fille obeïssante obeït... et sa mémoire rangea cet épisode dans un endroit bien caché et inaccessible.

 

 

 

non à la pédophilie, non au viol, le corps d'une femme n'appartient qu'à elle

 

 

 

Treize ans se sont écoulés depuis sa rencontre avec le voyant. Alexie est devenue une femme accomplie. A vingt-cinq ans, elle gère sa vie seule, cumule les emplois et travaille dur. Seule ombre au tableau, la rupture avec son ex petit ami, il y a quelques mois. C'est elle qui l'a quitté, en raison de ces aventures répétées. Lui ne compte pas en rester là. Depuis des mois il l'attend à la sortie de son travail, ou devant sa porte, la suit partout, de jour comme de nuit. Lui répéter qu'elle ne fera pas marche arrière ne le décourage pas, sa traque continue, jusqu'au jour où...

 

 

 

Il est là, à moitié affalé devant le pas de sa porte. Dans sa main gauche un bouteille de whisky dont il a déjà bû plus de la moitié, de l'autre un fusil à pompe. Elle ne peut faire autrement que le laisser entrer. Le chantage commence, et braquant le fusil sous son menton, son ex menace de se faire sauter la cervelle si elle ne renoue pas avec lui. Alexie tourne ses paroles en dérision: "S'il te plait, va faire ça ailleurs, tu vas salir mon crépis blanc". Il continue à boire. Elle ne peut détacher ses yeux de l'arme et de son doigt sur la détente. Que faire? Elle ne peut pas le laisser, elle ne peut pas sortir demander de l'aide, il l'empêcherait. Attendre qu'il soit trop ivre et s'endorme? Cela lui semble la meilleure solution. C'est ce qui va arriver, juste après qu'il ne retourne l'arme contre elle et la force à aller dans sa chambre. La suite... elle fera comme la première fois, laissant le soin à sa mémoire de tout camoufler.

 

 

 

Et les années s'égrainent, les unes après les autres, au rythme d'une vie désormais stable. Les deux souvenirs, bien retranchés dans un casier fermé à double tour, ne la perturbent pas. Jusqu'au jour où elle réalise que son ex ne l'a pas juste forcée à faire l'amour, mais l'a violée. Le mot lui donne la nausée, "violée". Elle n'avait jamais associé ce mot à ce qui s'était passé dans cette chambre. C'était son ex, comment dire à quelqu'un qu'on est violée par un ex? La vérité lui explose au visage. OUI, il m'a menacée avec une arme, et m'a obligée à faire ce qu'il voulait; non je n'étais pas consentante, non je ne l'ai pas voulu, et oui ça s'appelle bien un viol. Pourquoi Alexie ne voit-elle cette vérité que maintenant? Elle n'a aucune réponse. Elle va même jusqu'à lui trouver des excuses. Elle est torturée par ce qu'elle a découvert, elle se dit qu'elle doit être fautive aussi, qu'elle aurait pû faire autrement, qu'elle est peut-être aussi responsable de ce qui est arrivé. Les questions affluent, toutes sans réponses. Ses souvenirs sont brassés, jour et nuit, elle cherche des explications qu'elle n'aura jamais. Au contraire, avec cette plongée dans son passé, sa mémoire libère le souvenir du "voyant". Comme si elle était percutée par un 38 tonnes, elle revoit la scène, mais en adulte, et en spectatrice. Elle ne voit plus un voyant travaillant sur ses chackras, mais une gamine laissée dans les mains d'un pédophile, attachée à une table, et dont le corps est violé sans même qu'elle le sache. C'est un raz-de-marée dans sa vie. Elle a honte, elle a mal, si mal que cette douleur la prend au ventre. Elle ne veut pas en parler, de peur qu'on ne la traite de menteuse, ou pire de responsable. Et puis, à qui en parler? Elle se referme, et ne trouve d'autre échapatoire que de lécher ses plaies béantes en silence, et de se gaver d'antipsychotiques. Elle essaie d'analyser ce flot incessant et se dit qu'à présent, elle n'aura peut-être plus cette envie de mourir qui la tenaille depuis l'enfance et dont elle ne connaissait pas la cause.

 

 

 

Les portes de sa mémoire se sont ouvertes, il le fallait et elle le sait. Elle est forte, et avec le temps, elle sait qu'elle arrivera à guérir de ses blessures, à les refermer, même si la cicatrices qu'elles laisseront, elles, seront toujours visibles et douloureuse. Elle a choisi le repli et le silence. Qu'auriez-vous fait à sa place?"

 

 

 

non à la pédophilie, non au viol, le corps d'une femme n'appartient qu'à elle

 

 

 

 

 

En mélangeant un garçon rouge d'excitation avec une fille bleue de peur, vous obtenez du violé...

 

 

 

[Régis Hauser]

 

 

 

 



21/06/2010
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